Évaluer la santé du Spernot grâce aux invertébrés : enquête au département GB
En partenariat avec Eau du Ponant, une équipe d’enseignants-chercheurs de notre département Génie Biologique (GB) et une étudiante en alternance mènent une enquête environnementale de terrain. Leur mission : analyser la biodiversité du cours d’eau du Spernot pour mesurer concrètement les bénéfices des futurs travaux de restauration du système d’assainissement.
Dans les sous-sols de notre bâtiment B, plusieurs personnes ont entrepris des activités de tri très particulières ces dernières semaines. Il était possible de les surprendre en train de trifouiller dans l’eau et les petits cailloux armés de sortes de pinces à épiler…
« Nous cherchons de petits invertébrés ! » explique Camille Labous. « Après ce tri, les 32 boîtes que nous sommes en train de composer seront analysées pour identifier les différentes espèces présentes dans ces prélèvements. »
Camille, étudiante en Master Gestion des Mers et des Littoraux à l’Université de Montpellier, travaille sur ce projet dans le cadre de son alternance chez Eau du Ponant. Pilotées par Tiphaine Labed-Veydert et Stéphanie Madec, ces recherches vont permettre d’évaluer l’impact d’une installation d’assainissement sur la biodiversité.
« Une restauration du système d’assainissement est prévue en amont de la décharge du Spernot, » relate Tiphaine Labed-Veydert, une des chercheures impliquées dans le projet à l’IUT. « Va-t-elle améliorer la qualité de l’eau et l’état écologique du cours d’eau ? » C’est la principale question qui a émergé lors de réunion avec les acteurs d’Eau du Ponant. La comparaison de prélèvements réalisés avant et après les travaux permettra de répondre à cette question.
Une collaboration avec Eau du Ponant et des travaux d’analyse dans les labos de l’IUT
Une première campagne de prélèvements a été réalisée mi-avril et a été suivie de 3 semaines de tri et d’analyse des échantillons dans les laboratoires de notre département Génie Biologique. « Le matériel et les chercheurs sont sur place et cela me permettait également de former Camille à l’indice I2M2, » indique Tiphaine.
Cet indice est aujourd’hui l’outil réglementaire officiel en France pour répondre aux exigences de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE). Comme son nom l’indique (Indice Invertébrés Multi-Métriques), c’est une opération scientifique visant à évaluer la santé écologique d’un cours d’eau grâce à l’analyse de la présence et de la diversité de petits invertébrés. Il est donc adapté pour établir un diagnostic environnemental et l’évaluer l’impact du système d’assainissement.
Après une phase de prélèvement strictement encadrée, les acteurs sont passés à la phase de laboratoire, un travail qui demande beaucoup de patience et de minutie. « Heureusement, le personnel de l’IUT m’a donné un coup de main. » En effet, Gaëlle et Josselin, deux techniciens du département et Nicole, agente d’entretien, ont aidé à trier vase, cailloux et macro-invertébrés. Ce sont des bêtes parfois minuscules mais visibles à l’œil nu qui vivent au fond de l’eau : des larves d’insectes, crustacés, mollusques ou vers…
L’étudiante est passée, alors, à la phase d’identification taxonomique. A l’aide d’un microscope, de livres et de bases de données en ligne, l’enjeu est d’identifier et de compter très précisément chaque espèce. Pour cette étape, Camille a heureusement profité de l’aide d’enseignants et d’enseignants-chercheurs de l’IUT (Brendan Alligand, Valentine Frédérico, Elise Hamard-Perron, Michel Auffret et Tiphaine Labed-Veydert).
L’évaluation de la santé de la rivière du Spernot ne s’arrête pas aux invertébrés. Pour obtenir une analyse complète du milieu, pendant que l’IUT passe de petites larves au microscope, des analyses bactériologiques sont en cours au sein du laboratoire LEMAR (par Gwenaelle Lebay, Stéphanie Madec, Michèle Gourmelon et un stagiaire) tandis que Labocéa réalise une batterie d’analyses physico-chimiques.
Ces différentes approches permettront d’avoir une photographie précise de l’état du milieu. Il ne restera plus qu’à la comparer aux résultats de la deuxième campagne de prélèvements réalisée après les travaux du système d’assainissement.
Ce partenariat rassemble ce que nous aimons particulièrement dans notre IUT : un projet de recherche concret, ancré sur son territoire, au service d’un défi environnemental et mené main dans la main avec des acteurs locaux.
