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16/10/2026

Sensibiliser à la Biodiversité grâce à l’art et aux sciences participatives : expérimentation pédagogique avec nos étudiants en Agronomie

Formations

Enseigner la biodiversité à l’université est parfois complexe. Les statistiques ou séries de chiffres parlent peu aux jeunes d’aujourd’hui. Souvent éloignés du milieu naturel, ils comprennent peu l’ampleur de la problématique. Une méthode pédagogique originale a été testée cette semaine auprès de nos étudiants de BUT Génie Biologique parcours Agronomie. Pour marquer durablement leurs esprits : l’art et les sciences participatives y sont utilisés. Explications.

« L’objectif de ce TP est d’amener les étudiants à se questionner sur les causes de disparition de la biodiversité, de leur faire prendre conscience que ce processus ne date pas d’aujourd’hui et qu’il s’accélère, » explique Sabine Roussel, enseignante-chercheure à l’IUT de Brest-Morlaix.

L’ambiance dans la salle de classe peut paraître particulière : les étudiants se sont armés de pinceaux pour peindre l’ombre d’un animal disparu ou en voie de disparition. Certains s’appliquent, d’autres rigolent de leur maladresse, mais tous, pendant une demi-heure, ont pris une position d’acteur.

Tigre à dent de sabre, papillon Apollon, oiseau de Moa, gorille, les animaux choisis sont variés. Mais comme le note l’enseignante, ce sont souvent des animaux d’une certaine taille : « On fait souvent plus attention aux gros animaux, or il y a toute une biodiversité moins visible qui est en danger. »

L’exercice ne s’arrête pas là. Les étudiantes et les étudiants sont invités à vérifier le statut de l’animal choisi sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), l’inventaire mondial le plus complet sur l’état de conservation global des espèces végétales et animales. Ils partagent ensuite leur réalisation et les facteurs de déclin ou d’extinction de cette espèce avec l’ensemble du groupe.

Évidemment, ce TP ne se limite pas à cet atelier artistique. L’enseignante a commencé la séance par une introduction théorique sur la biodiversité, ses services écosystémiques, la complexité des écosystèmes et la crise de la biodiversité. Elle la termine en citant, à ces étudiants en agronomie, les 12 actions pour la biodiversité en agriculture de l’Afterres 2050 : « Il est important de les faire réfléchir aux solutions à mettre en place et plus particulièrement dans le cadre de leur futur métier.»

Ambiance artistique inhabituelle pour ces étudiants GB

Participer au programme « Bugs Matter » pour se rendre compte de la disparition des insectes

Pendant cette séance de TP, quelques étudiants du groupe sont sortis de la salle de classe avec une mission étrange : nettoyer leur plaque d’immatriculation. L’objectif ? Prendre part au projet de sciences participatives « Bugs Matter ».

Ce programme permet de créer un indicateur d’abondance des insectes volants. Lors de leurs trajets en voiture, les participants photographient leur plaque d’immatriculation à l’aide d’une application mobile dédiée, puis comptent les impacts d’insectes à la fin du trajet. Recenser les impacts sur une plaque d’immatriculation, un élément de même surface sur tous les véhicules, permet de produire des données comparables et scientifiquement exploitables à grande échelle.

En mettant à nouveau les étudiants en mouvement, ce projet rend le déclin des insectes très concret : il leur fait vivre une expérience marquante qui ancre les enjeux environnementaux bien plus durablement qu’un cours magistral.

Un test de méthode pédagogique pour enseigner la biodiversité en IUT

Nos étudiants ont eu la chance de tester cette nouvelle séance pédagogique. « Au sein de la commission Transition Écologique et Sociétale de l’ADIUT (Réseau national des IUT de France), nous nous interrogeons sur les pratiques pédagogiques pour enseigner la transition écologique et plus particulièrement la biodiversité. Cette séance est le fruit de ces réflexions, » explique Sabine Roussel.

Le bilan parait positif pour l’instant. La participation a été enthousiaste et les étudiants ont eu l’air d’apprécier l’exercice.

Prochaine étape ? Exposer les œuvres des étudiants au cœur de l’IUT pour sensibiliser l’ensemble du campus et essaimer cette pédagogie innovante au sein du réseau des IUT.

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